Catégorie : Discours

DÉCLARATION DE SON EXCELLENCE MONSIEUR LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE CHEF DE L’ÉTAT RELATIVE A LA SITUATION DE BANGASSOU

Bangui, le 14 mai 2017

• Centrafricaines, • Centrafricains, • Mes Chers Compatriotes, La République Centrafricaine vient, une fois de plus, de connaitre un drame humain avec de nombreux décès survenus dans la localité de Bangassou imputables aux hommes sans foi ni loi qui détiennent encore les armes, en dépit des multiples appels que j’ai lancés en direction des différents groupes armés leur exigeant l’arrêt des violences sur les paisibles populations civiles et l’interdiction de poursuivre des hostilités entre eux. C’est avec tristesse et colère que je m’adresse à vous, peuple centrafricain, à mon retour d’une visite de travail et d’amitié que je viens d’effectuer en Israël pour redynamiser notre coopération bilatérale dans les domaines d’intérêts mutuellement bénéfiques tels que la santé, l’enseignement technique, professionnel et supérieur, les nouvelles technologies, l’énergie et l’eau ainsi que l’important domaine de l’agriculture. Pendant que je me trouvais encore à l’extérieur du pays, de graves crimes ont été commis dans l’est du pays, notamment à Alindao, Bangassou et ses environs, après des actes aussi malheureux commis récemment à Nyem Nyelowa dans la préfecture de la Nana Mambere.

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Des centrafricains sont morts à Bangassou, d’autres ont fui et sont rentrés en brousse, des soldats de maintien de la paix de la MINUSCA sont morts alors qu’ils sont venus porter assistance au pays, le tout par la volonté des hommes violents qui détiennent encore les armes et qui ne veulent pas le retour à la paix et à la stabilité. Par cette déclaration, je condamne avec la dernière énergie ces actes criminels et odieux qui sont contraires à la volonté du Peuple Centrafricain. Le Peuple Centrafricain aspire à la paix, rien qu’à la paix pour assurer le développement du pays. Mais, qui sont ceux-là qui veulent perpétuer l’insécurité et l’instabilité ? Je le sais, des bandes armées se battent pour le contrôle des richesses dans cette partie du pays alors qu’elles ont été réduites au centre. Elles se battent et se positionnent pour le contrôle des zones minières et organiser le vol du bétail des éleveurs. Pour ces motifs, elles donnent la mort sans pitié, sans foi ni respect de la vie humaine. Jusqu’où veulent-elles aller ? Pourtant, j’avais demandé très récemment aux différentes factions rebelles, lors de l’ouverture de la 4ème Réunion du Comité Consultatif du DDRR, de cesser les hostilités entre elles, d’arrêter le pillage des ressources du pays et d’intégrer cet important programme qu’est le DDRR. Des élections démocratiques ont eu lieu. Le Peuple Centrafricain a fait le choix de la légitimité et aspire au développement économique et social. Il ne nous reste plus qu’à travailler ardemment pour donner au peuple des routes, des écoles, des hôpitaux, de l’eau potable, de l’électricité, des conditions d’une reprise du travail agricole etc… Il s’agit là, des questions essentielles qui sont au centre de nos préoccupations du moment en plus de de l’épineux problème de la paix et la sécurité et pour lesquels nous nous employons déjà. Mais, pourquoi nous contraindre à la violence pour nous détourner de ces objectifs ? Ma vision, je le redis, n’est pas de faire la guerre, mais de rechercher par des moyens pacifiques les solutions adaptées aux préoccupations de ceux qui, entretemps, ont pris les armes. D’aucuns m’ont reproché cette démarche et ont proposé que des moyens militaires soient utilisés pour rétablir la paix et la sécurité sur l’ensemble du territoire. Au-delà de simples mots et volontés, le pragmatisme nous impose plus de prudence dans cette option guerrière vu que notre armée est en pleine restructuration et manque de moyens matériels pour se déployer. Nous travaillons depuis sur la remise à niveau des forces armées centrafricaines et sa dotation en logistique, et je suis confiant qu’on parviendra à déployer l’armée aux côtés des populations dans les mois à venir. Les factures macabres que nous continuons de payer relèvent de cette période inévitable de préparation et d’organisation. • Centrafricaines, • Centrafricains, • Mes chers compatriotes, Les représentants des groupes armés que j’avais reçus en marge de la 4ème réunion du Comité Consultatif du DDR m’avaient fait la promesse de respecter mon appel au retour de la paix après que je leur ai expliqué la nécessité de déposer les armes et de reconstruire la paix. Le drame qui vient de se produire menace la dynamique créée sous peu et m’amène à poser la question de savoir qu’est ce qui se passe encore ? J’en appelle aux principaux responsables des différents groupes armés pour qu’ils arrêtent ces violences aveugles et injustifiées qu’ils perpétuent car rien, absolument rien ne justifie cet entêtement à vouloir maintenir coûte que coûte le pays dans le désordre. Il est indubitable que la poursuite de la violence les expose à la justice qui sera très sévère à leur endroit étant donné la gravité des crimes et leurs proportions. Par ailleurs, l’atteinte portée aux soldats de la paix de la MINUSCA constitue des crimes graves dont ils répondront devant les juridictions nationales et internationales. Je me rendrai, dans les jours à venir, à Bangassou pour apporter tout mon soutien aux populations meurtries de cette partie du pays, innocemment victimes de ces actes de barbarie. La République Centrafricaine ne sera jamais, je dis bien jamais, abandonnée entre les mains de semeurs de la mort que sont ceux des groupes armés qui résistent à tout processus de paix. Je présente, encore une fois, mes condoléances aux familles éprouvées et à la MINUSCA pour la perte de ses hommes. Le Gouvernement mettra tout en œuvre pour poursuivre et conduire à terme le processus du DDRR, nécessaire au retour de la paix et de la stabilité. Vive la République !

DISCOURS DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE A L’OUVERTURE DE LA 4EME RÉUNION DU COMITE CONSULTATIF ET DE SUIVI DU DDRR

Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale, • Monsieur le Premier Ministre Chef du Gouvernement, • Mesdames, Messieurs les membres du Gouvernement, • Mesdames et Messieurs les Députés de la Nation, • Mesdames, Messieurs les Chefs de Missions Diplomatiques et des Organisations internationales, • Mesdames, Messieurs les Chefs des Institutions de la République, • Monsieur le Président de la Délégation Spéciale de la ville de Bangui, • Messieurs les Membres de la Plateforme Religieuse ; • Mesdames et Messieurs les Membres de la Coordination DDRR/RSS/RN, • Mesdames, Messieurs les Représentants des Groupes Armés, • Mesdames, Messieurs, • Chers compatriotes, La question, la seule question que j’aimerais poser à chacun d’entre vous aujourd’hui est simple : Voulez-vous ramener la paix en Centrafrique? Je crois, en effet, que le moment est venu de poser cette question car aujourd’hui, pour la première fois, tous les 14 groupes armés identifiés en Centrafrique ont accepté de rejoindre ce Comité Consultatif et de Suivi du Programme national de Désarmement, Démobilisation, Réintégration et Rapatriement. Depuis un an, les discussions techniques liées au DDRR ont avancé de manière remarquable et aujourd’hui nous sommes proches de trouver des solutions concrètes pour le lancement du programme DDRR avec l’appui de nos partenaires bilatéraux et multilatéraux, tels que la Banque Mondiale, la MINUSCA les Etats Unis d’Amérique, la France, les pays de la CEMAC. Je vous encourage donc vivement à poursuivre aujourd’hui et demain les discussions techniques liées aux modalités de mise en œuvre de ce programme de DDRR, si vital à la stabilité et à la prospérité de notre cher pays. Votre présence à tous aujourd'hui augure du succès de vos délibérations. Je félicite ceux parmi vous qui ont rejoint cet effort dès le début. Je ne suis pas resté insensible au sacrifice et au courage qu’il vous a fallu pour vous engager vers une voie pacifique. J’accueille aussi de tout cœur ceux de nos frères qui ont accepté de rejoindre ce Comité inclusif où nous conviendrons des termes d’une paix durable dans notre pays. Je note avec regret le fait que certains groupes armés continuent aujourd’hui à se battre, semant autour d’eux mort et désolation. J’ai à plusieurs reprises invité ces frères centrafricains à baisser les armes et cesser toutes hostilités, en vain. Ni mes appels, ni ceux de la région ou encore ceux de la communauté internationale qui nous soutient n'ont été entendus. Pourtant, j’ai dit et redis à tous mes frères centrafricains que rien ne justifie la poursuite de la violence armée. J’ai aussi dit et je le redis aujourd'hui, il n’y a pas et il n’y aura pas de sujets tabous entre nous. Seule la voie du dialogue peut permettre de trouver des solutions justes et durables aux différends qui nous divisent. Le peuple centrafricain est lassé de guerre et de sang.

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Fatigué de voir ses enfants massacrés, ses femmes violées, et de voir balayer d’une rafale de mitraillette la possibilité d’un futur commun à tous les Centrafricains. Des décennies de guerre fratricide n’ont prouvé qu’une seule chose : aucun groupe armé ne sortira vainqueur de cette folie meurtrière. Nous sommes liés les uns aux autres par un destin commun et quelle que soit notre appartenance ethnique ou religieuse ; quelles que soient nos origines, le salut de l’un ou l’autre d’entre nous dépendra du salut de toutes les filles et de tous les fils de la nation centrafricaine. Je vous propose donc d’accepter cette réalité: ni vous, ni moi ne pourrons gagner cette guerre. La guerre ne peut nous apporter ni la paix, ni la tranquillité et encore moins le bien-être économique et social de nos familles respectives et celui de nos villes et villages. Seule la paix peut le faire et aujourd’hui, cette responsabilité nous incombe. Les Centrafricains nous regardent aujourd’hui et si vous acceptez sincèrement mon invitation au dialogue, les centrafricains se souviendront de ce jour comme celui où la paix a commencé. Ils se souviendront de vous comme ceux qui l’ont apportée. Ce Comité de Consultation et de Suivi est un comité technique. Il a fait, je le disais tantôt, d’énormes progrès. e Et je vous en félicite, vous tous et souhaite que cet excellent travail se poursuive. Par exemple, j’exprime le souhait que le projet pilote de DDRR de 500 membres de vos groupes aille de l’avant rapidement. Le DDRR a pour objectif de diminuer le nombre d’armes en circulation, de désarmer ceux qui les portent, et par conséquent de diminuer les menaces que constituent ces groupes armés. De même, des progrès importants ont été accomplis dans le domaine de la réforme du secteur de sécurité ou une stratégie a été adoptée. Cette stratégie vise à doter notre nation d’une armée professionnelle, représentative et républicaine, mais aussi bien équipée et disciplinée. Mais, j’ai conscience que la réponse ne peut pas être uniquement technique et plusieurs d’entre vous m’ont interpellé en ce sens, en réclamant de pouvoir discuter de thèmes plus politiques, notamment ceux liés à la citoyenneté ou encore à une participation plus inclusive à la gestion et à l’administration de notre pays. Je tiens d’emblée à vous assurer de mon entière disponibilité à faciliter de tels échanges sur ces sujets et tout autre que vous avez identifiés comme importants à vos yeux. Je suis prêt à discuter des problèmes du mieux vivre ensemble, les problèmes qui vous ont affectés vous et vos familles depuis des décennies et qui sont à la source de tous les maux qui nous ont tous affectés. J’aimerais aujourd’hui vous proposer d’entamer un processus de paix, mais accordons nous sur trois points essentiels. Premièrement, les tueries doivent cesser. Les agressions de toutes sortes contre les populations civiles, nos concitoyens, les viols, les pillages, les menaces dont tous les groupes armés se sont rendus coupables ou commettent encore doivent prendre fin immédiatement. Je vous demande un cessez-le-feu immédiat et un gel de mouvements de vos troupes dès la fin de nos délibérations. Ceci concerne tous les groupes armés et mouvements politicomilitaires sur toute l’étendue du territoire national. Chaque crime additionnel commis par les groupes armés éloigne la possibilité de paix pour notre pays. Chaque nouveau viol rendra plus difficile la réconciliation, et chaque recrutement d’enfant soldat diminue les possibilités de réintégration des coupables. Je suis conscient des déficiences structurelles qui affectent notre pays et entravent son développement. l est indéniable que dans ce contexte général de sous-développement certaines préfectures vivent dans un dénuement criard. Certains de nos compatriotes y ont vu une justification suffisante pour prendre les armes. Le résultat, nous l’avons vu, c’est plus de désolation, de violence et de destruction. Mais la réponse, la solution à ces disparités que nous réprouvons tous ne peut pas être de livrer notre pays à des bandes armées ; ne peut pas être le pillage de nos ressources naturelles par des personnes s’arrogeant de façon illégitime l’autorité de l’État. En tant que garant de la Constitution, comprenez qu’il est de mon devoir de la faire respecter : seules les autorités légitimes, désignées ou élues peuvent agir et exercer une autorité sur une portion du territoire centrafricain. Et j’ai pris l’engagement de promouvoir une gouvernance plus responsable de notre patrimoine commun, notre pays et je tiendrai mon engagement. Accordons-nous sur ce point, et travaillons désormais ensemble. En second lieu, je vous propose un dialogue. Un dialogue franc, sans tabous, et qui portera sur tous les thèmes qui vous préoccupent. Je sais que certains parmi vous doutent de la valeur et de la portée du programme de DDRR et de la stratégie de réforme du secteur de sécurité pour vous et pour chacun de vos hommes. Et vous êtes en droit de poser des questions, et nous y répondrons. Mais ce qui est fondamentalement en cause ici c’est de nous accorder sur une vision commune pour notre pays, pour la Centrafrique de demain, pas pour nos gains et nos intérêts personnels d’aujourd’hui. Comme je l’ai déjà souligné, il y a des questions bien plus politiques qui appellent un examen approfondi. Je vous propose donc d’élargir nos discussions à ces questions. Le tout bien entendu, dans le respect bien compris de la Constitution de la République. Le but de ces discussions dans chacun des domaines dont nous conviendrons, sera de définir ensemble une vision commune. Et dans chacun de ces domaines, vous savez que nous avons des institutions qui certes demandent à être consolidées, mais vous avez pu observer comment, au cours de l’année écoulée, le Gouvernement dans son ensemble, l’Assemblée Nationale, le pouvoir judiciaire se sont attachés à les établir ou à les renforcer. Une vision commune pour notre pays, basée sur le débat politique et démocratique et non sur les armes et la violence. Enfin, et c’est mon troisième point : Comment allons-nous procéder ? Afin de mener à bien ces discussions qui se dérouleront sous mon égide, j’ai accepté l’offre de nos organisations continentales, l’Union africaine, la CEEAC et la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs de porter l’Initiative Africaine pour la Paix et la Réconciliation en République centrafricaine. Nos frères de la sous-région (Angola, République du Congo et le Tchad) vont appuyer ce dialogue, en comptant sur l’accompagnement de nos partenaires internationaux, notamment celui des Nations Unies, de l’Union européenne et de l’Organisation internationale de la Francophonie. Dans cette perspective, des modalités de discussion vous seront proposées. Mais, je tiens à souligner que ces discussions doivent permettre des échanges francs et de bonne foi entre Centrafricains pour régler les problèmes des Centrafricains. J’ai pris bonne note de l’intérêt marqué de la Représentation nationale de contribuer au succès de cette entreprise nationale, dans le respect bien compté des prérogatives propres à chacune des institutions républicaines. Je suis et je demeure le Président de la République et le Président de tous les Centrafricains. La fonction qui est la mienne est une fonction qui ne se délègue pas. C’est pourquoi, en tenant compte de mes responsabilités, toute discussion de Paix en Centrafrique se fera sous mon autorité directe. Les discussions concerneront les Centrafricains. Mais ce n’est pas entamer notre indépendance, ni notre souveraineté, que de reconnaître que nous ne sommes pas une grande île perdue au centre de l’Afrique. et Non. Nous avons des voisins, qui seront encore nos voisins aussi longtemps que la Centrafrique existera. Des voisins avec qui nous échangeons et partageons bien plus que des frontières. Et des voisins qui nous aideront à nous développer, à nous enrichir, et qui s’enrichiront aussi, avec nous et non pas à nos dépends. Imaginez avec moi un instant, la Centrafrique et ses voisins dans 20 ans : Si nous choisissons la paix aujourd’hui, et bien dans 20 ans, la Centrafrique sera au cœur d’un réseau d’échanges commerciaux avec tous ses voisins. Si nous choisissons la paix aujourd’hui, dans 20 ans, la Centrafrique sera apaisée, entourée de voisins eux-mêmes pacifiques et avec qui nous aurons renforcé nos liens politiques, culturels et économiques. Nos efforts de paix, et la construction de notre pays ne pourront pas se faire sans l’appui de nos frères et de nos amis. • Mes chers compatriotes, J’assume mes responsabilités. Aujourd’hui je vous invite à assumer les vôtres en répondant OUI à ma question : Voulez-vous ramener la paix en Centrafrique? Voulez-vous entrer dans l’histoire comme ceux par qui la paix est revenue en Centrafrique ? Je vous invite à répondre oui car nous sommes tous redevables. Plusieurs d’entre vous, ou plusieurs membres des groupes que vous représentez, avez en commun d’avoir déjà participé au pouvoir, au sein de gouvernements antérieurs ou d’institutions publiques. Vous savez que ce pays n’a pas toujours été gouverné avec sagesse, ni avec vision. Je vous propose de faire partie de la génération de Centrafricains qui auront accepté, tous ensemble et en même temps, de mettre de côté leurs intérêts personnels pour privilégier, en vrais patriotes, l‘intérêt supérieur de la nation et celui de nos concitoyens. Je vous propose de partager la même vision de paix et de prospérité partagée pour tous les Centrafricains. Je vous propose de nous projeter dans notre avenir et de refuser que ceux qui en sont incapables ou qui nourrissent des plans égoïstes et machiavéliques nous empêchent de construire la paix en Centrafrique. Je vous propose enfin de rejeter la violence armée comme modus vivendi, de rejeter la culture de la mort et, pour le bien de notre pays et celui de toute notre descendance, d’adopter la culture de la vie, la culture de la paix. La Centrafrique, pays de paix ! Moi j’y crois. Est-ce que vous vous y croyez ? Nous n’avons plus le temps d’hésiter, nous n’avons pas le droit d’échouer. Que Dieu bénisse la République Centrafricaine. Merci.

INSTALLATION DES MEMBRES DU CONSEIL ÉCONOMIQUE ET SOCIAL, DU CONSEIL NATIONAL, DU CONSEIL NATIONAL DE LA MÉDIATION, DU HAUT CONSEIL DE LA COMMUNICATION ET DE LA HAUTE AUTORITÉ CHARGÉE DE LA BONNE GOUVERNANCE

Le Président de la République, Son Excellence Pr Faustin Archange Touadera a présidé dans la matinée du 28 mars 2017 la cérémonie de l’installation officielle des membres du Conseil Économique et Social, du Conseil national de la Médiation, du Haut conseil de la communication et de la Haute autorité chargée de la Bonne Gouvernance. L’installation des membres de ces institutions républicaines respecte les termes de l’article 155 de la constitution du 30 mars 2016 qui stipule que ‘’les institutions prévues par la constitution seront mises en place dans les 12 mois qui suivent la date de l’investiture du Président de la République élu, a l’exception du sénat qui, sera mis en place après les élections municipales et régionales’’. ‘’Les cérémonies d’aujourd’hui qui interviennent après celles de la semaine dernière à l’occasion desquelles le gouvernement avaient installé les membres de la Cour Constitutionnelle et de la Haute Cour de Justice sont les preuves du respect de la loi fondamentale de notre pays’’ a déclaré le Président Touadera. Le Président de la République a par ailleurs salué l’élection et la désignation de ces personnalités comme membres de ces institutions républicaines .Il a aussi affirmé que ces institutions découlent de la volonté du peuple centrafricain exprimée lors du referendum afin d’opérer un changement de paradigme dans le mode de la gouvernance de son pays. Pour le président Touadera, ces institutions doivent être le creuset d’une véritable démocratie. ‘’Il me plait de dire qu’avec l’installation de toutes les institutions républicaines, nous ouvrons une nouvelle page de notre histoire, notre histoire politique et institutionnelle’’ a-t-il martelé. Signalons que la principale mission de ces institutions s’articule de la manière suivante: -Le Conseil Economique et Social, en sa qualité d’assemblée consultative en matière économique, social, culturel et environnemental a pour principale mission de veiller à un développement harmonieux et équilibré de toutes les régions de la République. -Le Conseil National de la Médiation a pour mission de veiller à l’amélioration des relations entre les citoyens et l’administration en vue de promouvoir le droit des citoyens. Il se chargera d’apporter au gouvernement des propositions relatives à la résolution des conflits. -Le Haut Conseil de la Communication de par son impartialité politique ou de tout groupe de pression est doté de pouvoir de régulation et de décision pour assurer le respect de la déontologie et de l’éthique en matière de l’information et de la communication. -La Haute Autorité chargée de la Bonne Gouvernance se chargera de la représentation équitable de toutes les régions du pays dans les institutions publiques et parapubliques. Elle veillera également à proscrire la gestion clanique, familiale et partisane de la chose publique ainsi que la protection des droits des minorités. Pour le Président de la République la responsabilité qui incombe à ces institutions témoigne leur importance dans le fonctionnement de la République. Il a profité de l’occasion pour les appeler à faire preuve ‘’du professionnalisme, du patriotisme et d’avoir la conscience c’ est un sacerdoce’’ tout en faisant confiance à leur capacité à animer ces institutions et à les rendre dynamique dans l’intérêt de la nation.

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ALLOCUTION DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE FAUSTIN ARCHANGE TOUADERA A L’OCCASION DE LA CÉRÉMONIE OFFICIELLE DE LANCEMENT DES TRAVAUX DE LA QUATRIÈME PHASE DU PROJET LONDO

OBO, 27 MARS 2017

• Madame et Messieurs les Membres du Gouvernement ; • Monsieur le Représentant résident de la Banque Mondiale ; • Madame la Représentante Spéciale Adjointe du Secrétaire Général de l’Organisation des Nations Unies • Monsieur l’Ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique ; • Monsieur le Représentant de l’Agence Française de Développement ; • Honorable Député d’Obo ; • Monsieur le Préfet du Haut-Mbomou ; • Monsieur le Président de la Délégation Spéciale de la ville d’Obo ; • Vaillantes populations d’Obo ; • Distingués invités ; • Mesdames, Messieurs ; Je suis très heureux d’être parmi vous aujourd’hui, pour la cérémonie officielle de lancement de la quatrième phase du projet Londö. Ma présence ici revêt plusieurs significations. Je suis venu à Obo pour remercier toute la population du Haut-Mbomou pour la confiance qu’elle m’a témoignée lors de l’élection présidentielle, en m’élisant massivement comme Président de la République, Chef de l’Etat. Je vous en suis particulièrement reconnaissant. Je suis venu à Obo, pour vous rendre visite, pour m’enquérir de vos conditions de vie et vous témoigner toute ma compassion pour toutes les exactions que vous subissez au quotidien à cause de la présence de la LRA du criminel Joseph KONI dans cette partie du pays. Je suis venu à Obo pour vous assurer des efforts du Gouvernement visant à bouter la LRA hors de notre territoire. En effet, comme vous le savez certainement, l’un des principaux leaders de la LRA nommé Dominique ONGWEN, le plus redouté, a été arrêté ici. Il est actuellement en train d’être jugé par la Cour Pénale Internationale sous l’inculpation de crime contre l’humanité et diverses exactions commises sur les paisibles populations centrafricaines.

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Tôt ou tard, Monsieur Joseph KONY, leader de cette nébuleuse LRA, également poursuivi par la Cour Pénale Internationale, sera arrêté et jugé. Je suis venu à Obo pour proclamer la paix dans notre pays. Enfin, je suis venu à Obo pour lancer officiellement les travaux de la 4ème phase du Projet LONDO. Avant de vous expliquer l’intérêt de ce projet pour notre pays et plus particulièrement pour Obo, je voudrais saluer et remercier du fond du cœur toute la population d’Obo pour l’accueil chaleureux qu’elle m’a réservé ainsi qu’à la délégation qui m’accompagne. Je salue la présence parmi nous de l’Ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique, Monsieur Jeffrey HAWKINS qui a fait le déplacement d’Obo. Je salue aussi les Représentants de la Banque Mondiale et de l’Agence Française de Développement qui ont également accepté de faire le déplacement d’Obo. Ces remerciements s’adressent également à tous les invités qui ont fait le déplacement d’Obo dans des conditions difficiles pour certains. C’est pour moi l’occasion de remercier les partenaires techniques et financiers ainsi que les acteurs impliqués dans la mise en œuvre du projet Londo, pour leur disponibilité habituelle à soutenir les actions du gouvernement dans le développement du pays, surtout dans le domaine de l’emploi des jeunes. Distingués Invités ; Mesdames et Messieurs ; Votre présence massive à cette cérémonie traduit non seulement l’intérêt et l’importance que vous accordez aux efforts entrepris par le gouvernement dans la lutte contre la pauvreté, la précarité de l’emploi chez les jeunes ruraux, mais aussi de votre engagement à contribuer à réduire la misère dont les effets sont de nature à compromettre les exigences de la croissance économique, de la consolidation de la paix et la cohésion sociale dans notre pays. J’ose espérer que cela est un contrat de partenariat que tous ensemble, en tant que forces vives de Centrafrique, concluons pour atteindre les objectifs de ce projet qui vise à fournir du travail aux populations vulnérables. - Mesdames et Messieurs ; - Vaillantes populations d’Obo ; Ce projet qui sera exécuté ici à Obo, à travers les travaux à haute intensité de main d’œuvre, est financé par la Banque Mondiale, institution partenaire à laquelle j’exprime une fois de plus la gratitude du gouvernement pour sa constante sollicitude à l’égard de notre pays, la République Centrafricaine. Il a fait ses preuves dans trente-quatre Sous-préfectures sur les soixante-onze que compte notre pays. Comme vous le savez, le gouvernement centrafricain a toujours accordé une attention particulière et soutenue à la lutte contre la pauvreté en milieu rural afin d’aider les couches les plus vulnérables de la population de la RCA, à surmonter leur situation de précarité en consolidant la paix et la cohésion sociale entre les différentes communautés. Durant la crise socio-politique que le pays a traversée, plusieurs ONGS internationales et nationales sont intervenues aux cotés de nos populations meurtries pour apporter leur réponse dans différents domaines humanitaires. Ainsi, la Banque Mondiale, pour satisfaire les besoins d’emploi des jeunes dans le pays et réduire l’état de paupérisation des collectivités locales, avait, en septembre 2013, en pleine crise, apporté une assistance d’un montant de 20 millions de dollars américains, pour lutter contre la pauvreté à travers des actions portant sur : - la réconciliation à l’échelon local et national, - la cessation des hostilités et la démobilisation des groupes armés, - le rétablissement de l’autorité de l’Etat et son redéploiement dans les zones rurales, et - la reconstruction économique. C’est dans ce contexte que le projet Londo dont le lancement de la quatrième phase nous réunit à Obo, a été conclu. D’après les rapports produits par la cellule de suivi- évaluation et ceux de l’AGETIP CAF, je puis vous affirmer que les résultats sont à ce jour satisfaisants par rapport aux objectifs visés par le projet. Aussi, la mise en œuvre de ce projet dans certaines Sous-préfectures du pays a contribué à apaiser la tension sociale. Par conséquent, j’encourage l’AGETIP CAF à maintenir le cap jusqu’à l’atteinte totale des objectifs. - Mesdames et Messieurs, Je voudrais également saluer et louer l’initiative du partenariat synergique et agissant entre le projet et certaines organisations des Nations-Unies comme l’UNOPS et la MINUSCA qui appuient le projet dans sa mise en œuvre à travers le transport et la sécurisation des sites. Je formule le vœu de voir ce genre d’initiative servir d’exemple à d’autres projets en cours d’élaboration. J’adresse mes félicitations à toute l’équipe du projet pour ces résultats qui honorent le gouvernement. Au terme de son exécution dans les différentes Sous-préfectures, le projet Löndo transfèrera la mise en œuvre des travaux d’entretien manuel des routes aux communes afin qu’elles pérennisent ses actions. C’est un transfert de compétence à travers un modèle de gouvernance (recrutement par loterie), des techniques (planification, exécution et suivi) et de gestion basée sur les résultats. Ce qui cadre parfaitement avec ma vision de développement en impliquant activement les communautés de base. Je ne saurais terminer mon propos sans lancer un appel : • aux autorités locales de s’approprier les acquis du projet et de veiller à la sécurité des équipes d’encadrement. • aux bénéficiaires directs de respecter le code de conduite prescrit par le projet et de s’impliquer dans l’exécution effective et mieux réussie des activités du projet. Sur ce, je déclare officiellement lancée, ce jour à Obo, la 4ème phase du projet Löndo. Je vous remercie.

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